Étude de cas

Payments by Septeo : le pari du commerce unifié pour révolutionner l'expérience hôtelière

Septeo gère les logiciels de milliers d’établissements hôteliers au quotidien. Pendant longtemps, le paiement était le problème de la banque, du PSP, ou de l’hôtelier lui-même.

10 juin, 2026
 ·  7 minutes

En créant Payments by Septeo, en partenariat avec Adyen, le groupe a décidé de changer la donne. Désormais, le paiement n'est plus un accessoire du logiciel : il en est le cœur.

Un éditeur de logiciels qui veut tout maîtriser

Septeo est un groupe français de plus d’un demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires, présent en France, en Espagne et en Allemagne. Son terrain de jeu ? Les métiers réglementés. Notaires, avocats, experts-comptables, commissaires de justice, ressources humaines, mais aussi ceux de l’immobilier et de l’hospitalité.

Sur cette dernière verticale, le groupe accompagne aujourd’hui 10 000 hôtels pour un volume de transactions qui dépasse les 14 milliards d’euros par an.

L’ambition de Septeo a toujours été la même : contrôler la totalité de la chaîne de valeur. Et c’est cette logique qui a conduit le groupe, début 2025, à revoir en profondeur sa façon d’aborder le paiement.

Avant : vingt intégrations et un billard à trois bandes

Mathias Fierro, directeur de la BU Payments by Septeo, décrit sans détour ce qu’était la situation avant cette transformation.

« Chaque logiciel avait pensé ses intégrations de paiement de manière indépendante. Il y avait donc une vingtaine d’intégrations bancaires, du Crédit Agricole au LCL en passant par des choses plus spécifiques. Côté hôtel et résidence village-vacances : idem, des intégrations multiples. »

Mathias Fierro

Directeur de la BU Payments by Septeo

Cette fragmentation avait deux conséquences directes. La première, côté éditeur : chaque mise à jour majeure du logiciel imposait une phase de test critique pour garantir l'interopérabilité des passerelles de paiement. Un travail coûteux en termes de temps et d’argent, répercuté in fine sur le client.

La seconde, plus visible pour l’hôtelier : un billard à trois bandes. En cas d’incident, l’hôtelier se retrouvait prisonnier d'un triangle stérile : l’éditeur renvoyait vers la passerelle de paiement, qui elle-même redirigeait vers la banque acquéreure. Sans interlocuteur unique, le paiement devenait une boîte noire, un coût subi en fin de parcours plutôt qu'un levier de performance maîtrisé.

La réconciliation financière illustrait d’ailleurs cette réalité. Chaque soir, l'hôtelier devait retrouver les transactions, les pointer sur les relevés bancaires, remonter dans le PMS pour les associer aux séjours. Et en cas d’écart, c’était un véritable défi opérationnel !

L’élément déclencheur

La prise de conscience est venue des retours clients. En analysant les tickets du support, un constat s’imposait : une part non négligeable des demandes concernait le paiement et les équipes ne pouvaient rien y faire puisqu’elles n’avaient pas la main sur celui-ci.

L’intention d’unifier le paiement existait déjà avant Septeo. Sequoiasoft, l’entité rachetée qui est devenue Septeo Hospitality, avait initié ce chantier. Lors du rachat, Septeo s'en est emparé pour en faire un axe stratégique majeur et l'industrialiser.

C’est l’arrivée de Mathias Fierro qui a permis de lui donner une forme concrète. La BU Payments n’existait pas : il l’a créée. Et c’est à ce moment-là que la question du partenaire technologique s’est posée.

« On a fait le choix d’Adyen parce que c’est l’un des acteurs clés du paiement, avec une solution fiable, des outils performants et la capacité de répondre à nos objectifs d’unification, y compris à l’international. »

Mathias Fierro

Directeur de la BU Payments by Septeo

Bâtir une vraie expertise paiement en interne

Payments by Septeo compte désormais une quinzaine de personnes entièrement dédiées au paiement, réparties en trois pôles clés :

  • une équipe commerciale, composée d’account managers formés au paiement et capables de répondre aux questions réglementaires et opérationnelles des clients,

  • une équipe produit, qui pilote exclusivement la plateforme et sa roadmap,

  • et une équipe technique qui dialogue directement avec les développeurs des logiciels Septeo pour les intégrations.

Ce modèle n’est pas adopté par la majorité des éditeurs de logiciels. Le paiement y est généralement géré par quelques product managers désignés, sans unité dédiée ni expertise concentrée

La création de cette BU a nécessité un vrai travail d'évangélisation interne. Il a fallu démontrer qu'un paiement intégré, piloté par une expertise dédiée, apportait non seulement de la valeur aux hôteliers, mais créait aussi un cercle vertueux pour toutes les autres verticales du groupe.

En pratique, 100 % du code de Payments by Septeo est généré par intelligence artificielle. Les développeurs ont finalement un statut de reviewers, garants de la conformité et de la qualité. Les innovations s’intègrent ainsi beaucoup plus vite.

Ce que ça change concrètement pour un hôtelier

Payments by Septeo est une plateforme unique qui vise à couvrir tous les canaux et tous les cas d’usage : terminaux de paiement en réception, liens de paiement, e-commerce sur le booking engine, paiements en mobilité via Soft POS Android et iOS.

Un seul back office, une seule réconciliation financière, une donnée qui remonte de manière unifiée dans le PMS.

Des terminaux qui font vraiment partie du système

Le montant est envoyé en temps réel sur le terminal depuis le PMS, sans double saisie ni risque d’erreur. Ce geste, banal dans n’importe quel supermarché, est encore rare dans l’hôtellerie.

Les terminaux sont commandables directement depuis le backoffice, livrés à l’hôtel pré-configurés, sans contrat de maintenance ni abonnement imposé. Certifiés jusqu’en 2030 voire 2034, ils ne nécessiteront pas de remplacement anticipé.

Mathias Fierro raconte ce qu’il a vu dans un hôtel de la banlieue lyonnaise, quelques mois avant le lancement.

« Il y avait un bar et, pour régler, il fallait se rendre à la réception. À un kilomètre. Le logiciel du bar et le PMS ne communiquaient pas. Voilà ce que ça donne quand les outils ne sont pas unifiés. »

Mathias Fierro

La mobilité, enfin accessible

Pour les campings, les hôtels-resorts multi-activités ou les établissements qui proposent spa et restauration, encaisser en mobilité change tout.

Payments by Septeo proposera du Soft POS sur Android et iOS, c’est-à-dire une solution Tap to Pay directement sur smartphone, sans matériel dédié supplémentaire.

La fraude mieux maîtrisée

Le moteur anti-fraude d’Adyen, entraîné sur l’ensemble des transactions mondiales de la plateforme, bloque plus efficacement les cartes volées.

En cas de litige, un outil de contestation de chargeback est fourni : l’hôtelier peut y verser ses pièces justificatives afin de récupérer les fonds contestés, une démarche que les banques traditionnelles ne proposent pas dans ce format.

Wallets et méthodes internationales

Apple Pay et Google Pay sont intégrés nativement. Sur les transactions e-commerce en France, les wallets représentent aujourd’hui 20 % des paiements, avec des taux d’autorisation élevés et une fraude quasi nulle, l’authentification biométrique étant considérée comme une authentification forte.

Via la profondeur fonctionnelle d’Adyen, Alipay+ et WeChat Pay permettront d’accueillir les clientèles chinoises, de même que la conversion dynamique de devises sur les terminaux.

Les résultats, quatre mois après le lancement

Mathias Fierro distingue des gains à la fois quantitatifs et qualitatifs.

Les hôtels déployés sur Payments by Septeo enregistrent en moyenne un gain de 1,4 % de chiffre d’affaires. Un chiffre qui agrège plusieurs effets.

Le premier, le temps libéré sur la réconciliation financière, souvent assumé par le gérant lui-même.

Le deuxième est la hausse du taux de conversion sur les réservations en ligne. Le tunnel de paiement est embarqué, sans redirection dans le booking engine, les wallets sont disponibles, et le moteur d’optimisation Adyen ajuste les paramètres en temps réel grâce au machine learning.

Le taux d’échec sur les paiements 3DS est passé de 25 % sur les anciennes plateformes à 10-12 % aujourd’hui. Chaque transaction qui aboutit, c’est une réservation confirmée.

Sur les transactions e-commerce avec les anciens outils, une transaction sur quatre échouait. Ce chiffre est aujourd’hui inférieur à une sur dix.

Du côté qualitatif, la visibilité de trésorerie s’est améliorée grâce aux virements systématiques à J+2. Et en interne chez Septeo, les équipes ont enfin un interlocuteur dédié sur le paiement.

« On ne reviendra pas en arrière. Même les clients qui avaient leur banque comme partenaire historique ont adopté la solution sans hésiter. Le backoffice présente énormément de données, et le gain est déjà mesurable. »

Mathias Fierro

Directeur de la BU Payments by Septeo

Et le banquier, dans tout ça ?

C’est l’une des questions qui revient systématiquement lors des déploiements. Un hôtelier qui bascule sur Payments by Septeo doit en parler à sa banque. Comment ça se passe ?

Mathias Fierro est direct, les banques s’inquiètent d’une chose : les banques s'inquiètent d'une chose : perdre la main sur les flux. Leur business repose sur la trésorerie confiée par leurs clients, pas sur la façon dont le paiement est collecté.

Alors, la réponse est simple : « Rassurons les banquiers : Payments by Septeo n'a pas vocation à conserver les fonds. Notre rôle est de fluidifier la collecte. Les flux sont reversés automatiquement à J+2 sur le compte de l'hôtelier. La banque conserve donc son rôle central de dépôt et de gestion de trésorerie ; nous optimisons simplement le parcours qui mène jusqu'à elle. »

Sur l’un des premiers hôtels convertis, le banquier a constaté une augmentation du chiffre d’affaires du client, des taux de conversion supérieurs et des paiements qui arrivent plus vite. Au final, un client hôtelier qui performe mieux, c’est aussi bon pour les banques.

La suite : bien plus qu’un outil de paiement

Payments by Septeo n’en est qu’à ses débuts. La solution est en cours de déploiement sur l’ensemble des PMS du groupe, Resalys, Ulysses et MisterBooking. L’objectif est de connecter la totalité du stack hospitalité Septeo à Payments en France comme à l’étranger, Espagne et Allemagne en tête.

Le paiement ne restera pas cantonné à l’hospitalité. Notaires, avocats, commissaires de justice, immobilier, ressources humaines : toutes les verticales du groupe ont vocation à en bénéficier. Un cercle vertueux qui tire les économies d’échelle et l’expertise vers le haut.

La profondeur fonctionnelle d’Adyen ouvre aussi d’autres perspectives que Mathias Fierro décrit : « On pense à intégrer Capital, une avance de fonds pour les hôteliers. La machine à café du petit-déjeuner tombe en panne, vous ne voulez pas mobiliser votre trésorerie : vous prenez une avance de fonds et vous remboursez sur vos flux de paiement. Et des comptes business avec cartes pour régler vos notes de frais et vos fournisseurs directement depuis vos flux. »

Et demain, un hôtelier pourra aussi interroger le backoffice en langage naturel pour obtenir ses données de paiement sans naviguer dans des menus. Un assistant IA répondra avec les chiffres exacts.

« Le paiement, ne le voyez pas comme une boîte noire. Intéressez-vous y de plus près, vous verrez que c’est quelque chose qui peut vous rapporter de l’argent, de la satisfaction client et une expérience opérationnelle beaucoup plus fluide. »

Mathias Fierro

Directeur de la BU Payments by Septeo

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